10% DE FICTION #2


Tu as peur de la mort ?

 

Pas de contexte, pas de conclusion, pas d’ouverture. Juste une conversation autour d’un thème avec 10% de fiction.

 

 

« Je ne sais plus si je t’ai posé la question, tu as peur de la mort ?
– Encore un sujet compliqué.
– C’est ce qui est intéressant, non ?
– Ce n’est pas faux. Je dois quand même t’avertir, ce n’est pas une question à laquelle je réponds souvent, encore moins lorsqu’on veut que je sois franc.
– Scoop ! En direct il reconnait être un menteur.
– Disons qu’il y a des sujets où je me permets d’avoir une réponse à donner à tout le monde, et une réponse que je garde pour moi.
– Pourquoi cela ?
– Et bien, c’est très simple, je préfère propager des idées positives et optimistes, même si au fond de moi c’est le trouble, la tourmente ou le chaos. D’ailleurs, je ne vois pas vraiment ça comme du mensonge, mais j’imagine que c’est une question de point de vue.
– « D’ailleurs, je ne vois pas vraiment ça comme du mensonge… », belle phrase de politicien qui passe au 20h de TF1 pour assurer sa bonne foi et expliquer pourquoi il est impossible qu’il soit mêlé à des affaires de prise illégale d’intérêts ou de détournement de fonds.
– Je suppose que je ne dois pas le prendre comme un compliment.
– J’imagine que c’est une question de point de vue.
– Si tu veux que je réponde à ta question, ne te moque pas de moi.
– Ça va, je te taquine. Il ne faut pas prendre la petite bête pour si peu. Aller, je t’écoute. Par contre je veux entendre la réponse que tu gardes pour toi, même si, vu ce que tu me dis, je peux déjà la deviner.
– Dans ce cas ce n’est pas nécessaire de passer par quatre chemin, j’ai peur de la mort. J’ai peur non seulement du fait que je ne sache pas ce qu’il y a après, s’il y a quelque chose, mais aussi des circonstances de ma mort. Ça m’embêterai beaucoup d’avoir une mort lente et douloureuse, mais ça m’embêterai encore plus qu’il n’y ait plus rien après.
– C’est dommage d’avoir peur de quelque chose dont tu ne sais rien. Il parait d’ailleurs que les gens qui ont frôlé la mort n’en n’ont plus peur.
– C’est vrai ça ?
– Surement.
– Il me semblait que c’était ceux qui l’ont vécue, ceux qui ont vu la lumière et qui sont revenus.
– Surement.
– Hm. On ne va pas avancer si on est sûr de rien.
– En tout cas, ça a l’air de beaucoup te préoccuper cette histoire. Tu as été traumatisé par quelque chose ?
– Je ne dirais pas traumatisé, mais j’ai vécu des moments marquant qui me font redouter cet instant où on ressent la faucheuse s’intéresser à nous.
– Ah ! J’ai touché la bonne corde, ne t’arrête pas je t’écoute.
– Si je me souviens bien, ça m’est arrivé trois fois. Ma mémoire me joue peut-être des tours et il est possible que j’extrapole des situations qui n’étaient pas si sérieuses que ça. Cependant, de mon point de vue je me voyais mourir. La toute première fois a eu lieu lorsque j’étais à l’école primaire à la Martinique. Je ne me rappelle plus de mon âge ni de ma classe et encore moins de l’heure qu’il était, mais je peux affirmer que ça s’est passé un après-midi. On était dans la grande cour de l’école, on jouait au « Loup glacé » avec, il me semble, des règles un peu différentes du jeu classique.
– Attends je t’arrête, c’est quoi ?
– Pour faire simple c’est comme jouer au loup, sauf que les victimes du loup doivent s’immobiliser d’elles-mêmes lorsque ce dernier les attrape, elles sont « glacées ». Ensuite, il y a un laps de temps pour les délivrer avant qu’elles ne deviennent loup à leur tour. Pour les délivrer, il faut leur taper dans la main, mais nous on avait une autre méthode. La personne glacée écartait les jambes et l’allié qui voulait la décongeler devait se mettre à quatre pattes et passer entre. Enfin pas forcément à quatre pattes, mais tu vois l’idée. Et garde tes blagues, on était des enfants.
– Je n’ai rien dit !
– Donc, pendant une partie de loup glacé où, comme à mon habitude, je la vivais pleinement parce qu’il y avait des adversaires de taille, alors qu’on approchait de la fin de la partie, j’ai remarqué qu’un de mes amis c’était fait avoir par un loup. Puisque je passais beaucoup de temps avec lui, il était de mon devoir de le délivrer. Pas le temps de réfléchir plus longtemps, j’ai foncé vers lui. Etant donné que je trouvais cela un peu ridicule de se mettre à quatre pattes, lorsque je délivrais quelqu’un, je rampais sur le sol à la manière d’un militaire ; je me disais que ça devait impressionner les filles. Pour ne rien te cacher, je n’ai pas tardé à regretter. Au moment où je délivrais mon ami, je ne sais pas pourquoi, mais il a décidé de jeter tout son poids sur moi. Entre le sol et mon thorax il y avait mon poing. Lorsque mon ami s’est jeté sur moi, ça m’a violemment compressé tout le haut du corps et ma respiration s’en est retrouvée coupée. C’est à ce moment-là que j’ai senti la faucheuse faire un premier pas vers moi.
– Vraiment ?
– Non. Mais c’est amusant de romancer un peu mes histoires.
– Je trouve ça bizarre, ça me fait sortir de l’histoire.
– Comment ça ? Que j’enjolive légèrement ce que je raconte ?
– Oui, je trouve ça étrange à l’oral. C’est comme si je te parlais d’une fille qui ne me laisse pas indifférent et que je te disais « Chaque mot qu’elle m’adresse est comme une caresse pleine de tendresse sur mon âme emplie de tristesse ».
– Wow ! Je ne savais pas que tu avais l’âme d’un poète. Elle s’appelle comment ?
– Jade.
– C’est joli. Par contre, ce que tu dis soulève une question. Qu’est-ce qui te fais le plus sortir de mon histoire : le fait que je la romance ou que je me sois interrompu au beau milieu ?
– …
– Gotcha !
– Bon. Continue.
– J’en étais où ?
– La faucheuse blablabla.
– Ah oui, très juste. La douleur n’était pas vraiment un problème, le souci est que je pouvais expirer, mais pas inspirer. C’est-à-dire que l’air n’avait aucun souci à me quitter, mais quand il s’agissait de faire le chemin inverse, il n’y avait plus personne. Les enfants autour de moi ont vite remarqué que quelque chose n’allait pas, mais c’était des enfants, tout ce qu’ils pouvaient faire c’était se regrouper autour de moi pour observer. J’ai compris assez vite que je ne pouvais pas recevoir d’aide de leur part, du coup mon regard s’est rapidement tourné vers les adultes les plus proches. Aucune réaction. J’étais en sueur, j’avais mal et j’avais peur. Heureusement en ce temps-là, je ne sais plus si c’est le cas, j’avais la chance d’avoir un esprit assez vif, du coup même dans une situation comme celle-ci, je réfléchissais rapidement. Comme aucun mot ne pouvait sortir de ma bouche, j’ai commencé, toujours étalé au sol, à m’agiter et à pointer mon cou du doigt. Aucune réaction. Quand bien même il y avait une dizaine d’enfant autour de moi qui me regardaient souffrir, aucun adulte n’a eu cette petite étincelle d’intelligence qui leur aurait permis de comprendre que quelque chose n’allait pas. Je ne sais pas combien de temps s’était écoulé depuis que je ne respirais plus, il est évident que ça n’a pas duré aussi longtemps qu’il m’a semblé, mais pour moi ça n’en finissait plus. Plus le temps passait et moins j’avais de force, je commençais à pleurer et à arracher l’herbe autour de moi. Il ne me restait plus que ça de toute façon. Je cherchais de l’aide, je cherchais à faire comprendre que j’en avais besoin mais tout ce que j’eu en retour fut des regards. Des regards vides. Sur leur visage, je ne voyais ni pitié ni panique, juste de l’incompréhension. Je ne me suis jamais senti aussi seul.
– Qu’est ce qui s’est passé ensuite ?
– Pas grand-chose à vrai dire. Lorsqu’une des adultes a fini par avoir son éclair de génie annuel et qu’elle commençait à marcher vers moi, ça a été le moment où je n’avais plus aucune force et que je commençais à perdre connaissance, mais également le moment où j’ai soudainement sentit une délivrance en moi. Mon souffle était revenu.
– Elle t’a aidé à ce moment ?
– Aidé ? Elle est arrivée quand je respirais de nouveau, de son point de vue il n’y avait jamais eu de problème.
– Et les enfants ont fait quoi ?
– Quand je me suis relevé, ils ont recommencé à jouer.
– Tu ne leur a rien dit ?
– Aux deux qui étaient resté près de moi, oui. « Vous saviez que j’étais en train de mourir ? » Ça n’a pas suscité de réaction à la mesure de mes attentes. Je crois que c’est depuis ce jour que je ne compte plus sur personne.
– Quelle histoire ! Et c’est aussi depuis ce jour que tu as peur de la mort ?
– Peut-être, je ne sais pas vraiment. Par contre, comme je te l’ai dit tout à l’heure, cette situation m’est arrivé trois fois.
– Il y a d’autres gens qui se sont jeté sur toi ?
– Non, les deux autres fois sont un peu moins glorieuses. Une fois, toujours enfant, je suis tombé en trottinette alors que j’étais devant chez moi en train de m’amuser avec des amis. J’ai atterri directement sur mon coccyx et ça m’a coupé la respiration de la même façon. La fois suivante, j’étais chez ma grand-mère paternelle. Je m’étais suspendu à la barre de la balançoire d’extérieur et je me balançais. Mes mains ont glissé et je suis tombé encore une fois sur le coccyx. Comme les autres fois, respiration coupée et tout le tralala, sauf que cette fois il n’y avait personne proche de moi.
– Tu devrais porter une coque. Pour ton coccyx.
– Tu devrais arrêter les blagues.
– C’est pour détendre l’atmosphère !
– A force, je pourrais me dire que je n’ai pas à avoir peur que ça m’arrive de nouveau puisque mon souffle fini toujours par revenir. Mais comme c’est à chaque fois au moment où j’ai perdu espoir, il y a tant de pensées funestes qui ont le temps de me passer par la tête, que je finis par ne retenir que ça. Ce n’est pourtant pas mon habitude de paniquer rapidement, je suppose que le manque d’air y est pour quelque chose.
– Ça serait triste quand même de mourir de cette façon. « Cause de la mort ? Il est tombé sur le coccyx. »
– Ça serait surtout triste qu’il n’y ait rien après. Tu sais, parfois j’en viens à me dire que ça ne vaut pas le coup de faire des efforts si c’est pour que tout, au final, ne nous serve à rien. La vie est si fragile, tout peut s’arrêter d’un claquement de doigt.
– Pourquoi se bouger le cul alors que de toute façon on va tous mourir  ?
– C’est un peu réducteur, mais c’est l’idée. J’essaie quand même de me rassurer en me disant que la vie n’aurait pas de sens si on faisait tout ça pour rien. Il doit bien y avoir quelque chose.
– Au moins ça te permet de rester un minimum positif, c’est déjà pas mal.
– En tout cas j’essaie de l’être.
– Tu sais, moi je dis souvent qu’il ne faut pas sous-estimer les secrets et les mystères de la vie. S’il y a bien quelque chose que l’Homme sait, c’est qu’il y a énormément de chose qu’il ne sait pas ou n’est pas capable de comprendre. Alors inutile de spéculer sur des sujets que personne ne maîtrise. Peut-être qu’on ne trouvera rien pour nous après, mais en attendant tu es là, essaie au moins de faire les efforts qu’il faut pour vivre heureux afin que ton passage ici soit le plus agréable possible. Et protège ton coccyx.
– Tu dois avoir raison. C’est juste que le simple fait d’imaginer ce moment où il n’y a plus rien, plus de sensation, plus d’émotions, plus de pensées, cet instant où le rideau tombe les lumières s’éteignent et le silence règne, le noir complet, le vide total, le repos éternel sans rêve ni réveil, ça me terrifie. »

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6 commentaires sur “10% DE FICTION #2

  1. Encore une fois un article super bien écrit! Personnellement j’ai pas peur de la mort… En fait je suis persuadée qu’il y a quelque chose après la mort du coup je me dis que c’est jamais la fin… Et puis même s’il y avait rien après je me dis que bah tant pis, ce sera le néant du coup je capterais même pas!
    Comme toi j’ai vécu des expériences un peu traumatisantes, mais y’en a une qui a eu lieu il y a pas très longtemps. Je devais prendre le bus en bas de chez moi, il pleuvait beaucoup, j’avais ma capuche et mes écouteurs et j’étais un peu en retard. Je devais traverser une grande avenue avec beaucoup de circulation, je m’avance vers le passage piéton mais il passe au rouge du coup je m’arrête et j’attends (tu croyais que j’allais traverser n’est-ce pas? mais non pas encore…). J’attends que mon feu passe au vert, il passe au vert ce qui voulait donc dire que les voitures qui étaient censées circuler avaient le feu rouge. Je commence à traverser et tout à coup je me fais violemment percuter, non par une voiture heureusement sinon je ne serais pas là pour te raconter ça, mais par un cycliste qui roulait à vive allure et qui était passé au rouge. Sur le coup je n’ai pas compris ce qu’il se passait. Je me souviens juste avoir été violemment projetée et mettre retrouvée sur la route en panique. Le pire c’est que ce cycliste m’a engueulé en me disant « mais vous m’avez pas vu? »… Non je l’avais pas vu j’avais la capuche et mes écouteurs MAIS ce connard (désolée mais fallait que ça sorte haha!) est quand même passé au rouge!!! Sur le coup j’étais en état de choc total, dans ma tête je me répétais « faut que je prenne le bus »… En plus, comme toi et tes camarades, personne ne s’est arrêté pour me demander si ça allait! Bref, au final je suis retournée chez moi, j’ai appelé mon père et j’ai éclaté en sanglots. Heureusement, même si ma tête a heurté le sol, je n’ai eu que de lourds hématomes mais c’est tout. Bref, tout ça pour dire que même après cet incident je n’ai pas peur de la mort… Après peut-être que si un jour j’ai un grave accident de voiture ou autre, peut-être que bien sur je changerai d’avis! Mais pour l’instant je vis en me persuadant que ce n’est que le début et que plein de choses m’attendent encore! 🙂

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    1. Si tu m’offres chaque fois un commentaire aussi complet, je n’aurais pas besoin de plus pour trouver la motivation d’écrire d’autres d’articles. Cela a été un plaisir de te lire, j’avais l’impression de revivre ce moment avec toi. Enfin, ma phrase était un peu mal tournée et elle pourrait faire penser que j’ai trouvé ça plaisant que tu te fasses renverser, mais ce n’est pas du tout le cas ! Je pense de toute façon que tu as compris ce que je voulais dire. J’apprécie beaucoup qu’on me raconte des événements marquant, ça me donne d’ailleurs de l’inspiration. Si j’étais un peu moins timide, j’irai accoster les gens en leur demandant de me raconter leur Histoire. Comment sont-ils devenus ce qu’ils sont. D’autre part, j’ai l’impression que le simple fait d’avoir abordé ce songe qui résidait en moi, commence déjà à atténuer ma crainte de ce sujet. Il suffisait d’en parler !

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      1. Hahaha! Désolée quand un sujet me plait je m’emporte un peu et puis je suis beaucoup plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral, je pense qu’en face j’aurais moins développé!
        Moi aussi j’adore connaitre l’Histoire des gens, je suis sure que tout le monde à quelque chose à raconter, des anecdotes, un passé lourd ou juste un souvenir sympa à raconter! Personnellement j’adore regarder sur YouTube des « story time », je trouve ça passionnant et puis on se sent plus proche de la personne et comme tu dis on a l’impression de revivre le fait avec la personne! En tout cas ton article m’a donné envie de raconter des anecdotes qui me sont arrivées sur mon blog! (Ma vie est remplie de péripéties haha!)
        Je suis entièrement d’accord avec toi, parfois parler de certains sujets nous libère d’un poids, cela permet de mettre les choses au clair, de prendre du recul et puis au final tenir un blog c’est un peu aussi une sorte de thérapie! 😉

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  2. Ai-je peur de la mort ?
    Non. Non, je ne crois pas. Du moins je n’en ai pas le sentiment. Mais va savoir ce que mon subconscient a décidé de prendre en charge. En essayant d’être le plus objectif possible je crois avoir nécessairement peur de la mort, de par les petites phrases ou gestes répétés çà et là par mes parents et qui ont forcément du faire leur chemin jusqu’à mon cerveau.
    Mais peut-être est-ce plus une peur du danger ?

    De toute façon raisonner objectivement est un idéal impossible. Alors non, subjectivement je n’ai pas peur de la mort. Je suis chanceux, sans doute, de ce point de vue. Je n’ai jamais véritablement côtoyé la mort, la mienne ou celle des autres. Évidemment des membres de ma famille ont passé l’arme à gauche, et j’en ai été attristé. Mais ils ont eu une belle et longue vie. De mon côté j’ai également été victime un jour d’une agression qui sur le moment m’a pas mal chamboulé. Mais à aucun instant je n’ai eu l’impression de toucher réellement du doigt cette réalité de la « Mort ». Non, au contraire dans chacun de ces événements je n’étais – malheureusement – que confronté à la réalité de la vie. La mort m’est distante et, ce faisant, étrangère.

    Non, décidément je n’ai pas peur de la mort. Cela dit je ne campe pas sur ma position. D’ici quelques années je n’aurai en tête qu’une seule idée : me faire cryogénisé jusqu’à ce qu’on découvre un « remède » à la mort !

    En revanche je pense avoir peur de ma mort, mais uniquement dans les conséquences qu’elle pourrait amener pour mes connaissances. Je ne pense pas à leur éventuelle tristesse ou autre sentiment qu’elles pourraient avoir. Ce qui me fait surtout peur dans ma mort c’est le fait que je serai incapable de les informer de ce qui m’est arrivé.
    Internet – ses jeux, forums, blogs, réseaux sociaux [que je place en dernier dans cette liste, et même un peu à défaut !] et j’en passe – a permis un formidable rapprochement entre personnes qui n’auraient très certainement jamais pu se connaître sans. Cependant voilà, parmi mes connaissances acquises ainsi il y a des gens envers qui j’ai une profonde estime, une grande amitié, un immense respect, mais que pour autant je ne connais qu’au travers de mon écran. Si je venais à mourir, en seraient-ils seulement informés ?
    Si je venais à mourir j’aurai peur qu’ils n’aient aucune nouvelle de cet événement. Peur qu’ils pourraient en venir à penser que je les ai tout simplement abandonné, que j’ai mis de côté mes années passées avec eux pour me concentrer sur mon « IRL » et ce sans leur en avoir touché un mot.
    Ce raisonnement je le calque tout autant pour mes relations « IRL ». Du moins pour tous ceux que j’ai connu et avec qui je n’ai actuellement plus de contact, mais auxquels il m’arrive encore à penser car ils m’ont tellement apporté.

    Sur un tout autre registre : j’ai pris beaucoup de plaisir à te lire. Sur ce point je vais globalement répéter ce que je t’ai déjà dis, mais eh, comme ton en-tête le dit si bien « A quoi bon vivre si on ne peut laisser de trace ? Du coup j'[ré]écris. ».
    J’aime cette simplicité résultant probablement de l’oralité de tes écrits. La délicieuse naïveté (par la forme, la fluidité, etc) de ces derniers fait remonter en moi certaines vieilles lectures (que je prends toujours plaisir à relire, comme « Quand j’avais cinq ans je m’ai tué » de Howard Buten) que j’ai longtemps chéris.

    Aimé par 1 personne

    1. Mais mon cher ami, comment puis-je faire une réponse à la hauteur de ton commentaire sans prendre une soirée pour la rédiger ? Je te remercie de nouveau pour tes compliments. J’aime cette expression de « délicieuse naïveté », je ne pourrai pas expliquer pourquoi mais elle me convient plutôt bien. Je sais tout de même qu’il me manque beaucoup de connaissance en terme d’écriture et cela vient surtout du fait que je ne lise pas assez, pour ne pas très dire peu. Cependant, j’essaie de me faire une petite culture à ce niveau.

      Si j’avais su qu’un de mes textes pouvait faire couler autant d’encre, j’aurai commencé plus tôt.

      Cette histoire de cryogénisation me plait. C’est quelque chose auquel j’ai déjà pensé plusieurs fois, même si je reconnais que je pense aussi offrir mon corps à la science. « Prenez tout, que ça serve à quelqu’un ». J’ai déjà fait des rêves où je disais ceci au médecin qui m’annonçait qu’il ne me restait pas beaucoup de temps. C’est peut-être à cause d’un désir profond de laisser une trace de mon existence. Peut-être ai-je peur qu’on m’oublie ?

      Je vois les choses de la même façon que toi lorsque tu parles des conséquences. Je trouverai ça très embêtant que l’information de ma disparition n’arrive pas jusqu’aux personnes que j’apprécie, qu’importe l’endroit où je les ai connus. D’ailleurs, je ne me vois pas partir sans leur adresser une dernière parole. C’est tellement important d’après moi. Même juste une phrase pour y résumer ma vie, comment je vois le monde et ce que je conseille en prenant en compte toute mon expérience. Quand bien même cela soit simplement : « Ne jamais oublier au frigo des choses qui peuvent moisir. Voilà la seule morale. » Je laisse chacun faire sa propre interprétation, mais cela résume chez moi mon plus grand défaut, celui qui peut m’affecter aussi lourdement qu’il n’affecte les personnes qui comptent pour moi.

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  3. Froid dans le dos en lisant tes épreuves. Encore un très bel écrit. Encore bravo. Je crois fort que notre esprit ne peut mourir et que sans notre enveloppe charnelle nous ne cesserons de vivre. La vie c est toutes ces énergies positives et tous ces esprits divins qui ne meurent pas à mon humble avis.

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